Bucarest la mal-aimée

Tour incendiée, Bucarest, 2010.

Tour incendiée, Bucarest, 2010.

En 1985, l’année où j’obtins mon diplôme d’architecte, la revue française AA (Architecture d’Aujourd’hui) dénonçait la destruction alarmante de quartiers entiers de Bucarest par le président Ceausescu. En 1990, je découvris le palais présidentiel inachevé, vaste chantier en attente d’une nouvelle servitude. Les tapis étaient roulés, les rampes d’escaliers enveloppées de papier, les lustres imposants brillaient en vain. Bucarest me révéla pendant dix ans la poésie de ses jardins endormis, le charme de ses maisons Art nouveau décaties, mais aussi la force de ses paradoxes.

Je ne suis revenu en Roumanie qu’en 2008. La capitale s’était réveillée et devant tant de constructions aberrantes, je me suis souvenu des irréparables dégâts que les enjeux immobiliers des années 80 ont provoqués dans les capitales européennes.

Soutenu par le ministère de la culture roumain et l’ambassade de France, soucieux de s’impliquer dans la sauvegarde du « Petit Paris », en collaboration avec l’association « Maisons qui pleurent », j’ai lancé un défi à de jeunes espoirs de la photographie roumaine : comment rendre le public conscient des ravages qui s’accomplissent pourtant sous leurs yeux, et susciter des élans pour la défense d’un patrimoine inestimable ? Bucarest ne mérite-elle pas mieux que sa réputation de Mal Aimée ?

Vous pouvez voir quelques images autour de Bucarest…