Adieu, Palmyre

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« J’ai été quatre fois à Palmyre : c’était le lieu le plus enchanteur de l’Orient, à la fois par la beauté exceptionnelle des ruines et par le paysage romantique qui les entourait. Maintenant que tout est détruit, j’ai voulu me souvenir de ce que cela avait été.

On arrivait à l’hôtel Zénobie, désuet, décati, construit dans l’enceinte du site, et d’emblée la légende de la grande reine planait sur la ville qu’elle avait portée à son apogée. Je ressuscite l’image de Zénobie qui avait osé se dresser, femme et Arabe, contre l’empereur romain Aurélien, chef de l’État le plus puissant du monde. Puis j’évoque ce qui restait du site, l’idée générale qui avait présidé à son ordonnancement, avant d’examiner en détail, mais toujours plus en amoureux qu’en érudit, les monuments qui ont subsisté, si poétiques : le théâtre, les temples, les tours funéraires. Avant de conclure par une réflexion sur l’iconoclasme, une des plus vieilles passions de l’homme, qui pousse une idéologie au pouvoir à faire table rase de celles qui l’ont précédée. »

Dominique Fernandez