Itinerrances

Palmeraie de Tozeur, Tunisie, 1995.

Palmeraie de Tozeur, Tunisie, 1995.

Des élans très divers m’ont mené dans les contrées et les lieux regroupés ici par grandes régions.

Un axe sous-jacent, de plus en plus sensible avec le temps, se dessine avec les visages et les paysages rencontrés. Je laisse cette ligne se tracer selon le rythme et le désir de votre propre regard.

Itinéraire : un trajet qui suit un tracé, ou qui trace un sentier que d’autres viendraient à leur tour emprunter.

Errance : une nature autant qu’un choix de vie, avec lesquels le photographe que je suis compose. J’ai eu à voyager, loin parfois, pour rencontrer les sujets de mes images, qui s’offrent souvent. Toute photographie recherche un équilibre sans jamais être sûre de le trouver, mais elle fixe un instant, où que ce soit. Des résonances aident ensuite à cheminer toujours plus loin.

« Il n’y a pas de chemin. Il faut cheminer », est-il écrit sur les murs d’un couvent de l’Espagne médiévale. C’est dans ce paradoxe que j’ai toujours voyagé. Je tiens à la trace, autant qu’à l’errance. Il n’y a de valeur à l’ « itinerrance » qu’à accueillir les chocs, les beautés, les « illuminations » par une écriture de lumière. Parfois, comme dans cette médina de Tunisie, il arrive que le monde se livre et qu’il suffise de laisser couler la lumière sur le film sensible. L’écriture se fait sous sa dictée. Alors, à mes yeux, pareille lumière est éblouissement, puis révélation.